La MA en détails


« L’animal ne se nourrit pas d’attentes idéalisées envers les humains,
il les accepte pour ce qu’ils sont et non pas pour ce qu’ils devraient être. » - Boris Levinson


Histoire et définition

L'Homme et l'animal cohabitent sur terre depuis des milliers d'années. Déjà à l'époque de l'Antiquité, l'animal est impliqué des processus de guérison selon des croyances populaires. La première expérience recensée d'introduction d'animal auprès des malades remonte au IXème siècle, à Gheel en Belgique.
Les expériences d'actions associant les animaux aux personnes en difficulté se sont développées à partir du XX siècle aux Etats-Unis et la théorisation des pratiques a commencé dans les années 50 avec le Dr Boris Levinson, pédopsychiatre américain, grand pionner de la thérapie facilitée par l'animal.


La médiation par l'animal permet de maintenir ou améliorer son bien-être
physique, mental et/ou social.


Le concept de « médiation animale » apparaît en France au début des années 2000 et la fondation Adrienne et Pierre Sommer en donne la définition suivante : « c'est la recherche des interactions positives issues de la mise en relation intentionnelle homme-animal dans les domaines éducatif, thérapeutique ou social, pratiques telles qu’elles sont conduites dans les institutions éducatives et médico-sociales entre autres. »

La médiation par l'animal ou médiation animale est donc une approche innovante, complémentaire du domaine de la santé et notamment des soins relationnels.

L'OMS donne par ailleurs cette définition de la santé: « Etat de complet bien-être physique, mental et social qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».

Mais c'est quoi un « bien-être physique, mental et social » ? Selon AZCO, on parlera des 6 voies du bien-être ci-dessous:

  • satisfaire ses besoins vitaux de manière autonome, physiologique : respirer, boire, manger, dormir, éliminer...

  • profiter pleinement de ses 5 sens : éveil des capacités sensorielles, découvrir ou redécouvrir les plaisirs auditif, tactile, gustatif, olfactif ou visuel, expérimenter en sécurité...

  • s'épanouir grâce à sa motricité (globale avec le corps et fine avec les mains) : écouter ses limites corporelles, auto évaluer sa douleur, travailler son équilibre, s'exprimer avec son corps, danser, tricoter, dessiner, connaître les parties de son corps...

  • vivre sa relation à l'autre de façon constructive et sereine : jouer, commencer ou reprendre une activité sociale (école, sport, bénévolat, activités en groupe, travail, etc), communiquer pour comprendre et se faire comprendre, renforcer l'entraide et la communication au sein d'une équipe, gérer ses sentiments et ses émotions...

  • se sentir utile, à sa place, investir son originalité : découvrir ses atouts, ses qualités, prendre soin de sa santé, donner du sens à une action, aider, agir, prendre confiance en soi...

  • pouvoir se ressourcer dans son monde intérieur : se détendre, s'apaiser, maintenir ou améliorer sa mémoire, sa concentration, imaginer, créer...


On parlera au sens large de « médiation » car la présence d'un intervenant formé est nécessaire pour orienter la pratique des séances puisqu'il connaît d'une part la situation de la personne, ses troubles, ses besoins, son comportement et d'autre part, les capacités et limites de l'animal médiateur: c'est ce qu'on appelle la triade bénéficiaire-animal-intervenant.

On entend aussi souvent parler de « zoothérapie » qui est un type de médiation animale spécifique : c'est de la thérapie assistée par l'animal (TAA), exercée par des intervenants thérapeutes.


L'animal n'est pas un thérapeute. Il a un rôle de médiateur dans la relation de la triade car il apporte motivation, apaisement ou encore écoute au bénéficiaire. Et il offre un contexte favorable: il ne juge pas.

Ce n'est pas un simple animal domestique que l'on emmène en séance.

L'animal médiateur c'est, d'une part, un animal de compagnie avec lequel nous avons pu tisser un lien positif. Mais d'autre part, c'est un partenaire! Il est sélectionné et éduqué en fonction de son espèce, de son caractère mais aussi en prenant en compte ses limites. En effet, il est choisi pour être emmené en séance en fonction du public qu'il va accompagner mais aussi et surtout, dans la limite du respect de son bien-être, en dehors et pendant les séances.

Il est inconcevable de travailler autour du bien-être de l'humain si celui de l'animal n'est pas respecté. Il est essentiel que l'intervenant se forme au bien-être de chaque espèce qu'il côtoie pour reconnaître quand un animal montre des signes de malaise, d'agacement afin de pouvoir l'écouter et agir pour le sortir d'une situation inconfortable. De plus, certaines situations (mouvements brusques, cris, matériel médical, odeur, etc) sont travaillées hors séances afin d'habituer l'animal et que cela ne soit plus un stress pour lui.

C'est un réel partenariat animal-humain qui se construit au quotidien.


La médiation par l'animal s'exerce auprès toute personne désireuse de maintenir ou améliorer son bien-être physique, mental et/ou social, par le contact de l'animal, de tout âge, en situation de handicap, de dépendance ou de fragilité (ponctuelle ou chronique).

Une programme de médiation par l'animal est d'autant plus bénéfique lorsque la personne est actrice de son parcours de vie. Mais il est également possible de faire participer une tierce personne (un proche ou un patient), sous certaines conditions. Je vous invite à en discuter par téléphone pour évaluer ensemble l'intérêt d'instaurer des séances de médiation par l'animal pour cette personne.

Des exemples observés sur le terrain

Une personne qui déambule la nuit peut retrouver la sérénité dû aux séances régulières avec l’animal médiateur ; les psychotropes pourront être diminués.

Une personne aphasique, atteinte d’une démence par exemple, peut se mettre à communiquer.

Une personne atteinte de dépression peut retrouver une estime d’elle-même en prenant soin de l’animal.

Un enfant atteint d’autisme peut développer ses capacités sensorielles.

Une personne qui ne marche plus peut retrouver le goût de se promener.

Une personne âgée qui a de la peine à s’intégrer au groupe en maison de retraite (de par des troubles cognitifs par exemple) aura plus de facilité à communiquer avec les autres résidents autour du sujet d’un animal médiateur.

Une personne en repli social peut participer à des activités collectives ou reprendre le travail.

Un enfant en échec scolaire peut évoluer à son rythme et retrouver le goût d’apprendre.

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